Article et photos de Michel Baqué, ancien chef de la SAS de Khanga Sidi Nadji ( 1960-1962)

Le chef de SAS exerce les missions de maintien de l’ordre et de pacification, mais aussi une mission d’administration, dans le cadre de la lutte contre les activités rebelles OPA ( organisation politico-administrative ), d’une action psychologique de remise en confiance des populations et d’une action médico-sociale, sous la protection des harkis......

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Ce lundi 25 septembre à 11 h 45 la commune de Villeneuve a participé à " La journée nationale d'hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives ", devant la stèle de la rue des Remparts; où l'on retrouvait avec les autorités municipales, Ahmed Ameur, harki villeneuvois entouré de ses enfants et petits enfants, Abdelkader Chebaïki., président de " AJIR " ( Association Justice Information Réparation ), Mamar Bentayeb, Claude Balsan, président des anciens combattants de Villeneuve, une délégation d'anciens combattants d'Algérie, et de nombreux amis d'Ahmed Ameur.

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Après lecture des discours eut lieu le dépot de gerbe avec le chant des Africains et la Marseillaise reprise en choeur.

Pour la petite histoire,

En 1956, Robert Lacoste précise les règles concernant la création des harkas et des groupes d'autodéfense. La décision appartient au préfet, et la gestion des groupes est confiée au commandement militaire en collaboration avec l'administrateur de la commune ou le chef de SAS le représentant. Ces formations sont composées de volontaires. En janvier 1957, il n'existe officiellement que 70 harkas, regroupant 2 186 harkis......En février 1961, le nombre de Français de souche nord-africaine (FSNA), appellation désignant les Algériens musulmans à l’époque, engagés dans l’armée ou l’État français, est estimé à environ 250 000 personnes....
La période entre 1958 et 1960 marque l'apogée de l'emploi des harkis sur le terrain. Le général Challe est nommé commandant en chef des forces françaises en Algérie à la fin de l'année 1958 et il met sur pied un plan qui porte son nom, le « plan Challe », ensemble de grandes opérations de ratissage pour faire éclater les unités de l'ALN, les katibas en groupes. Les harkis sont invités à entrer dans les commandos de chasse dont la mission est de traquer ces petits groupes.

En juillet 1962, l'indépendance est marquée par la lutte de pouvoir qui oppose très schématiquement le bureau politique et le GPRA14. De juillet à septembre 1962, l'Algérie vit l'apogée de ce que l'on a appelé le wilayisme, c'est-à-dire, la lutte entre les différentes régions militaires auquel s'ajoute la rentrée sur le territoire algérien des troupes de l'ALN autrefois stationnées en Tunisie ou au Maroc. C'est dans ce contexte que se déroulent une vague d'exactions contre tous les supposés ennemis de patrie algérienne désignés sous le terme générique de « harkis ». Ces exactions prennent différentes formes : taxations, arrestations, brimades, exécutions souvent accompagnées de tortures. Selon les lieux, il peut s'agir d'une politique de vengeance organisée par les nouvelles autorités ou l'occasion de régler de vieux comptes.

De nombreux officiers, et civils responsables des S.A S, conscient que les harkis laissés en Algérie sont promis à la mort, voyant que les filières officielles sont engorgées, prennent sur eux d'envoyer leurs soldats en métropole. Ces actions sont contrecarrées par le gouvernement, Louis Joxe adresse le 12 mai au Haut Commissaire Christian Fouchet la note suivante ; elle est très connue et tous les ouvrages consacrés au problème des harkis la citent.

    «  Les renseignements qui me parviennent sur les rapatriements prématurés des supplétifs indiquent l'existence de véritables réseaux tissés sur l'Algérie et la Métropole et dont la partie algérienne a souvent pour origine un chef SAS. Je vous envoie au fur et à mesure la documentation que je reçois à ce sujet. Vous voudrez bien faire rechercher tant dans l'armée que dans l'administration les promoteurs et les complices de ces entreprises et faire prendre les sanctions appropriées. Les supplétifs débarqués en Métropole en dehors du plan général de rapatriement seront, en principe, renvoyés en Algérie où ils devront rejoindre avant qu'il soit statué sur leur destination définitive le personnel déjà regroupé selon les directives des 7 et 11 avril. Je n'ignore pas que ce renvoi peut être interprété par les propagandistes de la sédition comme un refus d'assurer l'avenir de ceux qui nous sont demeurés fidèles, il conviendra donc d'éviter de donner la moindre publicité à cette mesure ; mais ce qu'il faut surtout obtenir, c'est que le gouvernement ne soit plus amené à prendre une telle décision. »

Les quelque 90 000 « Français musulmans » qui ont regagné la France après le signature des accords d'Évian sont eux aussi désignés sous le nom générique de « harkis ». Parmi ceux qui sont restés en Algérie, plusieurs dizaines de milliers ont été exécutés......

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Le poste militaire et SAS de Khanga Sidi Nadji en 1960

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