Une chronique de Michel Baqué. Photos crédit TCY et Fabice Glacomini.

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Depuis quelques semaines, c'est-à-dire depuis la prise des compétences par la Métropole, le service d'enlèvement des ordures ménagères a donné du souci à la population, ne sachant plus à quel saint se vouer pour retrouver sa poubelle vidée le soir en rentrant de son travail. Il semblerait que le problème soit en train de se régler, et c'est tant mieux pour tout le monde, car vanter les mérites d'une commune propre avec des décharges presque sauvages sur les bords des trottoirs, ne correspondait pas.
Et pourtant, ils s'en donnent du travail, ces employés qui ne ménagent pas les efforts physiques pour charger et décharger les détritus du citoyen. On ne peut que respecter leur travail lorsqu'on les voit courir pour faire leur tournée , sachant que derrière eux les automobilistes pressés " roumègues " derrière le camion à l'arrêt. Qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il fasse très chaud, ils sautent sur leurs marchepieds bien secoués par les rues en mauvais état, mais ils font leur travail en rythme et on ne peut rien leur reprocher, ils sont obligés de faire avec les moyens du bord et les ordres qu'on leur a donné, sachant bien que, paraît-il, par mesure d'économie le personnel est de plus en plus réduit et le travail de plus en plus important, pour assurer le nettoyage de nos rues. Ils sont toujours là et, répétons-le, l'on ne peut que respecter leur travail qui a pour objectif : vider les poubelles.

Mais au fait, d'où vient ce mot « poubelle »?  se demandent certainement de nombreux citoyens, alors, pourquoi ne pas faire un petit historique pour mieux comprendre le pourquoi du comment des fameuses poubelles.

Eugene-Poubelle

Nous sommes en 1883, le préfet de la Seine, nommé par Adolphe Thiers, deuxième président de la république Française, Eugène Poubelle, un juriste, administrateur et diplomate français, était très influent à une époque où la fonction de maire avait été mise entre parenthèses à Paris. Il était notamment chargé de l'administration courante. C'est ainsi qu'il fut amené à prendre les arrêtés du 24 novembre 1883 et du 7 mars 1884 qui obligeaient les propriétaires d'immeubles à mettre à disposition de leurs locataires des récipients communs, munis d'un couvercle et d'une capacité suffisante pour contenir les déchets ménagers. La dimension et même la contenance de ces récipients étaient strictement contrôlées : 40 à 120 litres. L'arrêté prévoyait également le tri des déchets : trois boîtes sont obligatoires, une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons et une dernière pour le verre, la faïence et les coquilles d'huîtres, nos technocrates contemporains n'ont donc rien inventé. Cette prescription a amélioré de manière considérable l'hygiène des foyers de la capitale. En effet, le nombre d'habitants à Paris avoisinant les deux millions à cette époque.

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Les ordures furent donc domestiquées et enfermées et l'exemple de Paris se répandit dans les villes de province. Il faudra toutefois attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que les poubelles deviennent d'un usage courant sur tout le territoire national. L'enlèvement des ordures sera dès lors organisé avec régularité par les municipalités.

La définition de la « poubelle » fut insérée en 1890 dans le supplément du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle.

Un grand homme ce Monsieur Eugène Poubelle qui  fut également à l'origine de la mise en route du tout-à-l'égout, concept qui, à la suite de la dernière résurgence du choléra en 1892, gagna la faveur du public. Cela lui permit, en 1894, de faire passer un arrêté imposant aux propriétaires de raccorder leurs immeubles au réseau d'égout et de payer les frais d'exploitation afférents à la collecte de leurs eaux usées.

En 1896, il fut nommé ambassadeur au Vatican et comte romain en 1898.
Il fut ensuite conseiller général de l'Aude pour le canton de Saissac entre 1898 et 1904, et président de la Société centrale d'agriculture de l'Aude, un ardent défenseur des vins du midi.

Eugène Poubelle, était né à Caen le 15 avril 1831. Il est mort à Paris le 16 juillet 1907, mais Il repose au cimetière de Grèzes-Herminis, sur la commune de Carcassonne. Son buste est visible dans la cour du musée des beaux-arts de cette ville

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C'était une petite chronique pour rappeler l'importance que mérite le mot " Poubelle "......Mr Eugène Poubelle n'était pas un énarque, ( ENA ), comme nos dirigeants actuels, mais il obtint un doctorat en droit et deviendra chargé des cours dans les universités de Caen, Grenoble et Toulouse avant d'être nommé Préfet de la Charente......